L’EAU en Pays de Langres

 

L’EAU en PAYS DE LANGRES

 Les documents complets avec photos seront dans le catalogue

La reproduction, même partielle, est strictement interdite sous peine de poursuites.

 

CONFÉRENCES ET VISITES

Affiche eau mai 14

 

J. RICOUR :                             Eau – Rêves –Réalités

Dimanche 27 avril à 15H00 Chapelle Diderot à Langres

Mardi 29 avril à 15H00 « le Chatelon » à Bourbonne-les-Bains

Mme RECOUVREUR :           Bourbonne les Bains, Visite des Thermes  le jeudi 17 avril et le jeudi 22 mai de 14 à 16Hoo, suivi d’une visite de Bourbonne

Sur inscription à l’office du tourisme (03 25 90 01 71), visite limitée à 20 personnes par groupe

Michel THENARD :                Découverte des Marais de Chézeaux, mercredi 18 juin. Départ de l’Office du Tourisme  de Bourbonne-les-Bains à 14H30 en bus ou RDV à 15H00 à l’entrée du Chemin des marais à Chézeaux.

Visites: sur inscription à l’office du tourisme (03 25 90 01 71)

David COVELLI :                     Fontaines, lavoirs,…à Langres

Gilles GOISET:                        La Vingeanne :

 Visite des gorges de la Vingeanne le 17 mai , rendez-vous à 14H30 devant la Halle à Aprey (prévoir de bonnes chaussures)

De l’origine du lac à la vie du canal – un aperçu historique et économique de cette voie d’eau entre Champagne et Bourgogne :

- Roland PETIT :                  Digue de la Liez, samedi 3 mai à 14H30 au barrage

- Emmanuel DROUOT:       Digue de Charmes, samedi 26 avril à 14H30 au barrage

- Alain CATHERINET :        Digue de Saint Ciergues

Visite le 17 mai, Rendez-vous à 14H30 place de la mairie à Saint Ciergues ( prévoir de bonnes chaussures et vêtements de pluie)

- Jean BONNARD:                     Découverte de sites remarquables de Verseilles les samedis 10, 17 et 24 mai à 15h00

les dimanches 01, 08, 15 et 22 juin de 14h00 à 18h30

- Richard BROUARD:         Sculpture métallique,cour du collège Doderot, le 19 avril 2014

 

EXPOSITIONS PHOTOS

Jean BONNARD :                                        Verseilles-le-Bas,diaporama à l’église

les samedis et dimanches 10 et 11 mai, 17 et 18 mai, 24 et 25 mai de 14h00 à 18h30

les dimanches 01, 08, 15 et 22 juin de 14h00 à 18h30

Bernard FRISON et Mme GARNIER :        Bussières les Belmont

Jacques BOCHATON et Jacky DOUCEY :   Peigney, à la Salle des fêtes le dimanche 18 mai 2014

VEOLIA :                                                       Eau potable – Panneaux à la Chapelle Diderot à Langres

V.N.F.:                                                              Le Canal – cartes, Médiathéque de Longeau

 

INTRONISATION AUX TASTE-FROMAGES

Samedi 19 avril 2014, à 16h00 , Chapelle du Collège Diderot à Langres

 

DOCUMENTS RÉALISÉS AVEC L’AIDE DE :

 

Gilbert PATAILLE :                                                 La Marne

Bernard SANREY :                                       Vallée de la Meuse – Vallée de l’Aube – Relevés de moulins

David RIOTOT:                                               V.N.F.    Le Canal – Cartes

André BAILLY, Guy BEAUFAUCHET :                 La Vallée de l’Amance

Jacques POLLET :                                        La Vallée de la Mouche

Gilles GOISET:                                              La Vingeanne – Poèmes sur la Vingeanne

 

 

LA DIGUE DE LA MOUCHE OU DE SAINT-CIERGUES

(1881 – 1890):

Le barrage de Saint-Ciergues est l’un des quatre barrages-réservoirs, avec Charmes, La Liez et Villegusien, à alimenter sur son point haut le « Canal d’entre Bourgogne et Champagne » (ex. « Canal de la Marne à la Saône ») dans sa traversée du Plateau de Langres. C’est un barrage-poids, qui est implanté pour les 2/3 sur la commune de Saint-Ciergues et pour seulement 1/3 sur celle de Perrancey.

UN PROJET TECHNIQUE INNOVANT :

Réalisé entre 1881 et 1890, le barrage de Saint-Ciergues devait être à l’origine construit en terre corroyée avec les matériaux extraits sur place en creusant les fondations, comme ont été réalisées les digues de Charmes, La Liez et de Villegusien, ses voisines. Mais en 1883, après trois ans de travaux, les argiles et les graviers à prendre sur place se sont trouvés en quantité nettement insuffisants pour permettre la construction d’un barrage en terre, alors même que les fondations étaient en cours de réalisation.

INCIDENCES ECONOMIQUES ET HUMAINES DE LA DIGUE :

L’implantation de la digue de Saint-Ciergues dans les vallées fertiles de la Mouche et du Morgon, n’a pas été sans incidences graves sur l’économie et l’agriculture locales.

LA DIGUE AU XXè SIECLE :

Aujourd’hui, bien que plus que centenaire, la digue de Saint-Ciergues se porte plutôt bien et est appréciée des visiteurs, notamment à cause de l’aspect naturel et sauvage de la vallée. Défendue aux embarcations à moteur et au camping sauvage, elle s’inscrit aujourd’hui dans le schéma touristique du Pays de Langres, qui a vu ces dernières années la réalisation par le « Syndicat mixte des lacs de la région langroise », de descentes à bateaux fonctionnels et d’un sentier périphérique piétonnier de 7 Km des plus agréables.

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L’ouvrage « Un grand chantier à la fin du XIXe siècle en Pays langrois : La Digue de Saint-Ciergues », est disponible chez l’auteur : Alain Catherinet 4, rue de la Montagne 52000 Condes  (tel. 0676788319).

                                                                                                   Textes (extraits) et Photos : Alain Catherinet

 

CANAL ET RESERVOIR DE CHARMES

 

HISTORIQUE DU CANAL

Le Nord du département de la Haute -Marne est riche de minières de fer. La production de fonte et de fer au XIX siècle est alors la principale industrie. Les puissants maitres de forges ne cessent de réclamer à l’administration des moyens de transports plus économiques que celui par attelage. Les expéditions de ces industries sont relativement faciles dans le Nord du département vers la région parisienne, grâce au port de Saint Dizier; il n’en est pas de même lorsqu’on se tourne vers le Sud pour une expédition  vers la région Lyonnaise. Le premier port navigable sur la Saône est Gray.

CONSTRUCTION DU LAC RESERVOIR DE CHARMES

La digue de Charmes porte le nom du village situé à l’aval du réservoir et s’étend sur  quatre communes. Elle est située au Nord de la ville de Langres. D’une surface de 205  hectares pour  cinq kilomètres de long et retenant à sa cote maximale plus de 11 000 000 m3 d’eau. La construction de la digue consiste à élever le remblai au moyen de minces couches de bonne terre mélangées à une faible proportion 5% de sable et corroyées successivement à l’aide de rouleaux compresseurs motorisés.

ACCIDENT DE LA DIGUE

En octobre 1909, un accident sur la digue débute; le réservoir est en cours de sa première vidange complète et l’accélération de la vidange engage le phénomène de glissement de la digue. Le barragiste constate une longue fissure sur la banquette de couronnement, celle-ci ne va cesser d’augmenter de jour en jour.

Je tiens à rendre hommage à tous ces braves ouvriers venus de contrées lointaines, qui par leur sueur ou de leur vie nous permettent aujourd’hui de profiter, pour notre plus grand plaisir, de tous les loisirs qu’offrent les quatre lacs en pays de Langres.

                                                                                                                                   Texte (extraits)    E. D

 

 

LA VINGEANNE

 

Au long de la Vingeanne haut-marnaise

Comme le disait déjà l’abbé Courtépée au milieu du XVIII e siècle, « la Vingeanne prend sa source à Aprey, au bas du bois de Montmoyen ». En réalité, il s’agit là d’une résurgence, l’activité première se trouvant de l’autre côté de l’actuelle A 31, au pied de talus sablonneux sur des lits marneux. Le site, embaumé du parfum de l’ail des ours en avril, donne lieu à une légende médiévale, celle d’une très belle dame prénommée Jeanne. Follement éprise de son  preux chevalier de mari, elle allait volontiers se promener en sa compagnie en cet endroit idyllique. Or, il advint que le noble personnage partit pour la croisade. Mois et années passèrent sans que Jeanne eût de nouvelles à tel point qu’elle se languit et mourut. Revenu enfin de Jérusalem, désespéré, le seigneur grava sur une pierre ronde à l’aide de son stylet « ici vint Jeanne ». De cette contraction serait née l’appellation donnée à la rivière.

«  Au pied d’une falaise, en aval de Percey-le-Petit, un moulin ruiné a depuis de très nombreuses années été converti en laiterie…Une usine moderne qui fabrique de l’emmental.(activité aujourd’hui abandonnée)…La Vingeanne lèche ensuite un étroit chemin en escarpement entre la falaise et la rive…Les roches à pic, qu’elle reflète, renferment une grotte que l’on nomme « la maison aux fées », vierges et saintes des premiers temps de la chrétienté, dont la légende a été racontée par le chanoine Rondot dans le bulletin paroissial de Prauthoy.

Commencée par une légende, terminée par une autre, après un court écart en Haute-Saône, la rivière aux multiples facettes, plus profonde et large, arrose la Côte d’Or, où elle se jette dans la Saône à Talmay.

                                                                                                                        Texte (extraits)   Gilles GOISET

LE BARRAGE – RÉSERVOIR DE LA LIEZ

 

L’origine du lac de la Liez appelé autrefois digue de Lecey  est intimement liée au creusement du canal  de la Marne à la Saône.

En cette fin de XIXe siècle, les ingénieurs chargés du projet de cette voie fluviale ont deux problèmes à résoudre : le franchissement du plateau de Langres et l’approvisionnement en eau; étant donné que nous nous trouvons dans la région où naissent les principales rivières (Marne, Vingeanne), leur débit est très faible à la belle saison.

Les travaux de la digue.

Ils sont précédés par l’expropriation des terrains situés dans l’emprise de la retenue d’eau. D’âpres discussions ont lieu entre l’administration et les propriétaires.

Deux fermes: la grange Marivetz sur le territoire de Lecey et la grange Pioche sur celui de Châtenay-Macheron  doivent disparaître sous les eaux.  Une partie de la forêt de ce dernier village subira une coupe intégrale.

Le chantier et les hommes.

En ce commencement  de XXIe siècle où la technique règne en maîtresse, on a beaucoup de peine à imaginer ce que furent ces travaux. Une véritable fourmilière de terrassiers, tailleurs de pierre, maçons, rouliers s’active à la construction.

Texte (extraits) Roland PETIT

LE CANAL - LE BARRAGE – LE RÉSERVOIR DE VILLEGUSIEN

 

Au XVIII° siècle, le creusement d’un canal est une nécessité économique. Le nord  de la Haute-Marne s’industrialise fortement. La technique dans la production de fer et de fonte est bien maîtrisée. Les maîtres de forges établis dans la vallée de la Marne recherchent la possibilité d’expédier aux meilleurs coûts leur production. Les routes à l’époque sont peu nombreuses et mal entretenues. La construction d’un canal traversant toute la Haute-Marne devrait permettre d’écouler facilement les marchandises vers le bassin parisien et le bassin rhodanien et bien au-delà. Le premier projet de Roger de Fontenay date de 1781 ; il présentait un tracé où il trouvait les ressources en eau nécessaires sur le plateau de Langres surnommé « le Château d’eau de la France ». Les détracteurs parlent de coûts exorbitants, le projet n’avance pas. Il refait surface en 1835 et c’est celui conçu par Brière de Montidour, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées qui fut retenu. Le premier tronçon de Vitry-le-François à Chamouilley est en service en 1866. En 1870, les 72 kms du canal sont construits et permettent de rejoindre Donjeux. Reste à réaliser les 152 kms les plus difficiles et les plus coûteux. Finalement achevé en 1907, il est déjà trop tard : les hauts-fourneaux s’éteignent les uns après les autres. Un espoir renait aujourd’hui avec le développement du tourisme fluvial.

Canal et plan d’eau : quel avenir ?

Aujourd’hui le trafic commercial sur le canal est faible, par contre le trafic touristique connaît une progression régulière dûe au développement de structures d’accueil et à la bonne gestion du patrimoine naturel. Les activités sportives (randonnées pédestres ou cyclistes, pêche) y sont pratiquées autant par les locaux que par une clientèle étrangère qui tous apprécient le cadre verdoyant, reposant, agréable.

                                                                                                                                                             Annick DOUCEY

 

 

LA VALLÉE DE LA MOUCHE

 

La Mouche affluent de la Marne prend sa source sur la commune de Noidant-le-Rocheux et arrose sur son parcours de 15,3 km les six communes de Noidant, Vieux Moulin, Perrancey, Saint Ciergues, Saint-Martin-lès-Langres et Humes où elle vient grossir la Marne.

Elle traverse et alimente aussi le réservoir du même nom afin de fournir l’eau nécessaire aux écluses du versant atlantique du canal par un débit moyen d’environ 400 litres seconde.

Depuis des temps immémoriaux l’énergie de ses eaux a permis l’installation de nombreux moulins.

Sur la carte qu’il établit dans les années 1758, le géographe CASSINI relève la présence de plus de quinze moulins sur les quinze kilomètres du cours de la Mouche. Seules dix de ces usines reçoivent une appellation « Moulin de Varoche , Foulon de Noidant, Papeterie de Melleville, Moulin Dangrave,…. » Pour les autres on peut supposer que chacun des ressauts de la rivière n’avaient reçu qu’un équipement sommaire.

La nature de l’utilisation et de la production de ces moulins changera au cours du temps. Ce sont d’abord pour la plus-part des moulins à foulons (gros marteaux de bois actionnés par un arbre à cames réalisé à partir d’un tronc d’arbre muni de palettes servant de cames et mu par une roue à aubes).

Ces foulons écrasent la laine de moutons à destinations d’étoffes de feutre ou de bure « Ces moulins appartiendront au clergé, ordres religieux et commanderies jusqu’à la révolution française ».

Plus tard les mêmes foulons écraseront la pâte à papier et certains de ces moulins deviendront alors papeteries.

Enfin dans le courant du IXX° siècle, dans les moulins encore existants, des meules de pierre remplaceront les foulons afin de produire de la farine de blé pour répondre à un fort besoin alimentaire (en 1851, au moulin de Montaubant à Perrancey, Nicolas CARTERET fabricant de papier cesse son activité ; son gendre Nicolas DECOLLOGNE transforme alors le moulin pour produire de la farine et son frère, de l’huile.

A partir des années 1920, les roues à aubes qui transmettaient l’énergie de la rivière aux moulins sont remplacées par des turbines hydrauliques d’un rendement bien supérieur. C’est ce que l’on appellera alors dans les manuels de géographie des écoliers « la houille blanche ».

Après la deuxième guerre mondiale alors que tous les moulins situés en amont du réservoir de Saint Ciergues ont cessé toute activité, seules trois usines en aval, deux moulins et une papeterie, auront encore une activité industrielle et marchande.

Aujourd’hui ces établissements ne fonctionnent plus mais la rivière coule toujours et son énergie que l’on dit « renouvelable » est toujours là aussi.

                                                                                                                      Jacques POLLET

 

BOURBONNE-LES-BAINS,

 des eaux au service du mieux-être…

 

 Au pays de Langres, véritable réserve d’oxygène, la station thermale de Bourbonne-les-Bains a acquis sa réputation grâce aux valeurs thérapeutiques de ses eaux chaudes et de ses soins thermaux.

À Bourbonne-les-Bains, les eaux hyperthermales, oligo-polymétalliques, chlorurées sodiques, sulfatées calciques jaillissent à 66° C et possèdent des vertus bimillénaires reconnues scientifiquement. De par leur composition fortement calcique, magnésienne et riche en sodium et en oligo-éléments, ces eaux s’apparentent au plasma sanguin. Plus de 2000 ans de médecine thermale.

Comme l’a souligné Diderot dans son « Voyage à Bourbonne », c’est aux porcs lépreux de Laneuvelle, que l’on doit la connaissance des propriétés des eaux. Atteints d’une forme de lèpre, ils vinrent se tremper dans les marécages de Bourbonne et très vite en furent débarrassés. Des vestiges de fouilles autorisent à penser que, dans l’Antiquité, Bourbonne-les-Bains posséda des thermes vastes et particulièrement luxueux. Le Moyen-Age profita des piscines de l’époque gallo-romaine, puis progressivement, le traitement thermal se fit également à domicile et chez les hébergeurs jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Le premier établissement thermal en tant que tel fut construit en 1783. Bâti en pierre calcaire friable et rapidement corrodée par les vapeurs, il dut subir de fréquents travaux. Entre 1812 et 1817, un élève de Nicolas Ledoux entreprit d’importants travaux de restauration et d’agrandissement. De 1875 à 1883, l’établissement fut soumis à une réfection et un réaménagement complets. La structure actuelle des thermes date de la fin du XXe siècle.

Des effets indéniables en rhumatologie, ORL et métabolisme.

Sur 4000 m2, l’infrastructure de Bourbonne-les-Bains comporte : six bassins d’eau thermale, une centaine de baignoires individuelles d’hydromassage ou traditionnelles, de cabines de douches, de cabines d’application locale de boue, un hammam et quatre salles de repos. L’ensemble des propriétés physiologiques des eaux thermales de Bourbonne-les-Bains opère des effets bénéfiques en rhumatologie et en traumatologie, sur les voies respiratoires et sur toutes les fonctions biologiques. On peut qualifier l’action des eaux thermales de la station de « pharmaco-dynamique ».

Après des décennies de cure sur des périodes de vingt-un jours à titre curatif, le thermalisme à Bourbonne-les-Bains poursuit toujours les cures médicalisées, mais s’oriente également vers le court séjour pour une remise en forme et des soins préventifs bénéfiques au « mieux vieillir ». Pour répondre à une évolution socio-économique, la station adopte désormais un concept « détente-santé », une cure au sens large avec soins et hygiène de vie comprenant des sports et des loisirs.

Découverte des thermes :

Visites (limitées à 20 personnes par groupe) : jeudi 17 avril et jeudi 22 mai, de 15 h à 17 h. Sur inscription à l’O.T. au 03 25 90 07 20.

Michel Thénard

CHÉZEAUX

Une zone floristique et faunique riche grâce aux eaux souterraines

 

À Chézeaux en pays de Langres, la 2e tourbière alcaline de Haute-Marne est devenue un véritable parcours de randonnée. Classé au Patrimoine naturel, le Grand Marais de Chézeaux  bénéficie d’un parcours tracé, aménagé et entretenu. La promenade y est détente, pédagogie et dépaysement.

L’énigmatique tourbière

Inquiétant et attirant à la fois, le Grand Marais a, de mémoire d’hommes, toujours eu des relations énigmatiques avec les habitants du village. Quelques générations en arrière ont prétendu qu’une butte en ces lieux empêchait de voir le clocher de Champigny-sous-Varennes, pourtant de proximité immédiate. La légende raconte qu’un attelage s’y serait englouti à jamais. Il est encore aujourd’hui des habitants qui se souviennent des classes-promenades organisées par l’instituteur pour aller observer le drosera glouton d’insectes. Généreuse au niveau du Petit Marais par la production de belles récoltes de légumes et légumineuses, la tourbière n’a jamais bien toléré que l’on outrepasse certaines limites. Inutile de rapporter un seau de tourbe dans votre jardin pour l’enrichir ! Vouloir assainir ou assécher la tourbière est aussi une peine perdue ! Un mémoire en date du 1e Floréal an XI par le citoyen Douette-Richardot et un remembrement en 1977 en ont donné les preuves.

Une des plus belles tourbières du Nord-Est de la France

Pour avoir souvent fréquenté le marais, un enfant du pays devenu maire, Robert Siméant a compris la tourbière et trouvé le moyen d’être en paix avec elle, lui permettre de rester ce qu’elle est et la préserver dans ce qu’elle a d’exceptionnel. Pour cela, il ne recula devant aucune démarche, entre autres : celle de retrouver une lointaine propriétaire d’une parcelle, à qui l’on avait laissé croire à une possible exploitation pétrolière après la guerre. Grâce à celui qu’on a surnommé « l’enfant du marais » (en référence au film de l’époque avec Michel Serrault), le Grand Marais fut classé par le Ministère de l’Environnement en 1982 comme Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Floristique et Faunistique (ZNIEFF) à l’Inventaire du Patrimoine naturel de Champagne-Ardenne. Il occupe une surface d’une quinzaine d’hectares.

Post-glacière, cette tourbière doit son origine à l’émergence de sources artésiennes chargées en minéraux. Celles-ci proviennent de la circulation d’eaux souterraines et remontent en raison d’une discontinuité des niveaux marno-gypseux en déposant calcium et magnésium à leur émergence. Ces sortes de cheminées empruntées par les eaux forment des puits naturels très profonds, l’un d’eux est facilement observable dans le marais de Chézeaux. Compte tenu du milieu, la flore et la faune y sont particulièrement riches et typiques, et certaines espèces en voie de disparition.

Aller au cœur de la tourbière alcaline

Un premier aménagement en sentier découverte fut effectué. Un caillebotis permit d’aller au centre de la tourbière. Depuis 2013, la tourbière est devenue traversable grâce au prolongement du circuit en caillebotis. Un poste d’observation en plongée sur le grand puits a été aménagé et la pose de pontons avec ou sans main courante pour enjamber de petites zones à risques. Le parcours, avec les mises en garde de sécurité qui s’imposent, offre ainsi un bon cours de sciences naturelles grâce à des bornes informatives. On apprend que l’on peut y rencontrer des criquets ensanglantés, des variétés de papillons (l’aurore, le Robert le diable, la carte géographique…), de libellules et demoiselles, d’oiseaux (le faucon crécerelle, le loriot d’Europe…), de batraciens (le sonneur à ventre jaune, la grenouille verte, la rousse…). Il suffit de bien observer à travers les roseaux, les laîches sur leurs touradons, (petites buttes végétales), les télyptéris des marécages, le houblon, les iris et populage au milieu d’arômes aquatiques où dominent çà et là des notes florales de menthe.

Découverte des marais de Chézeaux : mercredi 18 juin à 14 h 30 départ de l’office de tourisme de Bourbonne-les-Bains en bus, ou RDV à 15 h à l’entrée du chemin des marais à Chézeaux. Visite sur inscription à l’Office du Tourisme ou tél. : 03 25 90 01 71.

Michel Thénard

 

 

LES MOULINS DU BASSIGNY

LES MOULINS 

Les lignes de partage des eaux de 3 mers traversent le Pays de Langres. De nombreuses rivières prennent naissance dans notre région.

Après des autorisations officielles visibles aux ADHM, des moulins s’établissent sur nos ruisseaux, mais le débit faible provoque des périodes de chômage trop importantes surtout en été. Pour y remédier en partie, les meuniers, en amont de leur moulin établissent un barrage qui retiendra une réserve d’eau ou alors, ils creusent un bief qui joue le même rôle.

Le meunier doit adapter le travail aux périodes d’étiage et, en cas de pluie, surveiller l’arrivée de trop grandes quantités d’eau. S’il élève son barrage pour avoir plus de réserve ou s’il oublie d’ouvrir les vannes en cas de précipitations importantes, l’eau envahit les terrains proches et cela provoque avec les propriétaires voisins, des procès nombreux dont on trouve trace aux Archives Départementales série 130S.

LES MOULINS DU BASSIGNY 

Autrefois de nombreux moulins à vent écrasaient la graine produite en quantité dans cette région fertile, mais les meuniers ne pouvaient travailler que si le vent soufflait…..

Des moulins à eau s’installent le long des rivières. Ils servent à moudre le grain mais souvent aussi à mouvoir des machines de petites usines : scierie, taillanderie, fabriques de meules, huileries, tanneries, tissage, forges…

Vers 1808 en Haute-Marne, on compte 64 moulins à vent et 541 moulins à eau d’après les ADHM (61M).

Fin XIX° siècle et début XX°, avec l’arrivée des machines à vapeur, plusieurs usines s’équipent afin de pouvoir travailler tous les jours. Certains moulins installent des turbines qui remplacent avantageusement la grande roue. Puis, vers 1925, arrive l’électricité. Utilisée d’abord pour l’éclairage, elle va bientôt alimenter très facilement les moteurs qui entraînent toutes sortes de machines

(extrait) Bernard SANREY

L’HYDRAULIQUE MONASTIQUE A MORIMOND

 

Dès la création de l’abbaye de Morimond vers 1117, les moines venus de Cîteaux entreprirent d’importants travaux avant d’édifier l’église et les bâtiments nécessaires à leur installation. Il leur fallut en particulier maîtriser les eaux qui sourdaient de toutes parts dans le vallon avant d’alimenter le Flambard, modeste affluent de la Meuse, afin d’en utiliser à leur profit les importantes ressources que leur offrait la nature. Les vastes étangs qui subsistent encore aujourd’hui pour la plus grande joie des pêcheurs et des touristes disent toujours l’ingéniosité et la maîtrise reconnue des Cisterciens dans l’art hydraulique.

Les recherches des archéologues, menées depuis 1994, permettent de mieux connaître les travaux réalisés depuis les origines jusqu’à la Révolution pour aménager, entretenir, voire reconstruire (notamment après la guerre de Trente Ans) les réseaux de canaux aériens ou de conduits souterrains qui permirent de drainer le vallon, d’offrir aux habitants du monastère toute l’eau potable nécessaire et d’importantes réserves de poissons, d’utiliser la force motrice des eaux du Flambard pour entraîner la roue de nombreux moulins, sans oublier de faire de ces eaux l’un des éléments des jardins d’agrément.

(extrait) Georges VIARD

 

CONSTRUCTION DU « BASSIN D’ÉPARGNE LE MOULINOT »

 

En 1888, une installation hydraulique, destinée à l’alimentation des locomotives à vapeur avait été installée, à la station de Vaux, pour les besoins de l’autorité militaire, en service spécial.

Elle comprenait un puits d’aspiration, une pompe locomobile et un réservoir de 100 mètres cube sur tour.

Le puits d’aspiration pouvait être mis en communication avec le bief du Moulinot par un fossé à ouvrir en cas de guerre.

En 1896, l’installation fut reconnue insuffisante et elle fut complétée par la création d’un bassin de 100 mètres cube à établir rive gauche près du bief du

Moulinot et la construction d’un nouveau réservoir en tôle de 200 mètres cube.

Il avait été reconnu par le service hydraulique qu’il n’y avait pas lieu à instruction spéciale.

Le bassin de réserve de 100 mètres cube, en communication directe avec le puits d’aspiration, ne devait être relié au bief du Moulinot par un fossé découvrant

l’orifice d’un dalot établi dans l’un des angles du bassin, qu’au moment de la mobilisation, sur réquisition militaire.

En 1913, l’installation fut jugée insuffisante et il fut établi un bassin de réserve de 12 000 mètres cube d’une longueur approximative de 90 m et d’une largeur

maximale de 53.6 m, en communication directe avec le petit bassin de 100 mètres cube et le puits d’aspiration.

Ce bassin était alimenté par l’excès d’eau du bief du Moulinot passant sur un déversoir d’après l’arrêté préfectoral du 2 septembre 1913, en complément de

l’arrêté préfectoral du 5 mars 1866 qui décrivait qu’un empellement ancien « A » muni de vannes constamment ouvertes, réglait le débit du bief de manière

que le surplus passât audessus de déversoir alimentant le grand bassin.

A la mobilisation, en août 1914, la prise d’eau fut mise en service.

Le fossé de communication, prévu par une consigne du Service spécial, fut ouvert entre le bief du Moulinot et le dalot établi dans l’un des angles du petit

bassin de 100 mètres cube en 1896.

Le grand bassin de 12 000 mètres cube se trouvait donc en communication directe avec le bief. ( voir plan dans les annexes.)

En juin 1915, le débit du Moulinot devint trop faible pour assurer l’alimentation par les bassins et il fut nécessaire d’établir dans le bief un barrage également

prévu par une consigne du Service Spécial.

Les deux réservoirs ont été détruits avant 1970 puis, le bassin d’épargne fut mis en vente en 1972.. Deux acquéreurs potentiels Charles Auer et Henri Bigolet

s’étaient fait connaître, mais la commune de Vaux décida d’exercer son droit de préemption. Elle indiqua avec précision les motifs qui mettaient en oeuvre des

opérations d’intérêt général et se porta acquéreur du bassin d’épargne pour une somme de 10 000 francs.

(extrait) Janine WITTWER